IDEC SPORT TROUVE DU VENT AUX MALOUINES

A 23h hier soir, les hommes de Francis Joyon ont viré au ras des îles Malouines. Ce matin, ils ont retrouvé du vent et de la vitesse. Pour battre le record, il faut tenir désormais 500 milles par jour sur la route. Toujours jouable, donc.

Le Horn n’est déjà plus qu’un souvenir, immortalisé par de magnifiques photos où, dans la lumière australe, on lit entre autres le bonheur des deux nouveaux cap-horniers Clément Surtel et Gwénolé Gahinet. Doubler le « cap dur » dans les temps du record restera gravé pour toujours dans les esprits des six marins d’IDEC SPORT. Le passage aux Malouines peut-être aussi, tant ils sont passés près des côtes cette nuit, à une dizaine de milles seulement.

First aerial images of IDEC SPORT maxi trimaran, skipper Francis Joyon and his crew, training off Belle-Ile, Brittany, on october 19, 2015 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Ce matin, le commando de Francis Joyon fait cap à l’Est, à plus de 30 nœuds (32,5 nœuds à 6h20), satisfaisant ainsi à la plaisanterie du bord : « 30 nœuds sinon rien ! » L’équation météo n’est pas simple : il faut tenter d’accrocher les flux de vent venus des dépressions argentines, tout en faisant une route la plus efficace possible vers le nord… mais sans se faire freiner par les griffes du célèbre anticyclone de Sainte Hélène, sur la droite du bateau. Pour le moment, IDEC SPORT doit donc monter vers le nord via une trajectoire en escalier, en choisissant ses bords au millimètre.

Objectif 500 milles par jour

Côté chiffres, le delta avance/retard sur le record à battre fait le yo-yo après le difficile passage du Horn : IDEC SPORT avait 250 milles d’avance voilà 48 heures, ils ont 240 milles de retard ce matin. Quand on voit à quel rythme incroyable les centaines de milles se gagnent et se perdent, ce n’est vraiment pas grand chose. D’autant qu’à ce moment du parcours l’équipage de Loïck Peyron faisait une très bonne journée. Ces variations importantes témoignent aussi de la grande difficulté de l’entreprise… c’est pour cela aussi qu’elle est si belle et passionnante. Souvenons-nous que dans toute l’histoire du Trophée Jules Verne, une tentative sur deux seulement a été couronnée de succès.

Un autre chiffre parle en cette veille de Noël. Il reste 6500 milles à parcourir en 13 jours pour rentrer à la maison en battant le record. C’est simple, cela équivaut à tenir 500 milles par jour sur la route. Quasiment 21 nœuds de moyenne efficace vers le but. Toujours jouable, donc. Sur l’Atlantique Sud a priori ce ne sera pas si évident car la situation météo est complexe mais l’Atlantique Nord, lui, pourrait bien s’avérer très favorable. On parie sur deux petites semaines d’intense suspense ?

En bref.-

. Après 32 jours et 3h de mer, à 6h20 heure française ce jeudi 24 décembre 2015, IDEC SPORT navigue à 32,5 nœuds par 52°15 Sud et 55°15 Ouest, soit 90 milles dans l’est des Malouines. Retard sur le chrono à battre : – 244 milles.