IDEC SPORT A RENDEZ-VOUS AVEC LE VENT

Au 10ème jour de course, IDEC SPORT, toujours bien lancé sur une trajectoire inspirée pour éviter des calmes anticycloniques qui lui barrait le chemin, aborde le dernier de tronçon de son parcours pour rejoindre les mers du Sud. Et c’est au louvoyage que l’équipage de Francis Joyon progresse ce lundi après-midi vers des vents plus favorables. Mais rapidement, les voiles devraient s’ouvrir, permettant au maxi-multicoque de franchement accélérer sur la route du cap de Bonne Espérance, à la conquête du Trophée Jules Verne.
 
Quelques bords de près et quelques heures de navigation inconfortable, c’est visiblement le prix à payer par Francis Joyon, Bernard Stamm, Clément Surtel, Alex Pella, Sébastien Audigane et Gwénolé Gahinet pour décrocher leur ticket et faire leur entrée sous les latitudes plus sauvages de l’Atlantique Sud. « On a eu beaucoup de manœuvres cette nuit. Là, cela commence à se stabiliser. On passe actuellement une zone de cisaillements un peu dure à traverser. On a fait des empannages, des virements, des changements de voiles toute la nuit. Depuis ce matin, on est au près, ça tape dur parce qu’on a la houle de face, mais on avance bien, on arrive à rejoindre les mers du Sud assez rapidement », raconte le skipper d’IDEC SPORT ce matin.

D’un cap à l’autre…
En dépit des 715 milles de retard que son commando concède alors sur le tableau de marche de son concurrent virtuel (Banque Populaire V de Loïck Peyron), Francis Joyon se satisfait de la progression du bateau sur l’échiquier de l’Atlantique Sud, pourtant peu enclin à leur céder le passage. « On est au péage du Grand Sud. Le retard sur le chrono était quelque chose de prévu. On savait qu’on payerait à ce moment là. On sait qu’on établira un moins bon temps que Loïck à Bonne Espérance, tout comme l’année dernière. Mais lors de notre précédente tentative, on a pu refaire la moitié de ce retard au cap Leeuwin », ajoute-il, confiant sur l’état de marche du bateau et sur l’alchimie des talents réunis dans l’équipage pour avaler les milles à plein régime.

Un trimaran à 100%
À ses côtés, les marins du bord qui se succèdent à la barre et aux réglages réparent et bichonnent le trimaran. Ils se préparent et se protègent aussi dans la perspective de cette navigation plus extrême. « Hier, on a fait une belle opération réparation-entretien. On a bien vérifié tout le bateau et toutes les petites bidouilles qu’il pouvait y avoir à droite et à gauche. Il est vraiment à 100% de son potentiel. On sait que dès qu’on pourra débrider un peu, que la bateau sera à plus de 30 nœuds, on trouvera beaucoup de plaisir à la barre », confirme Clément Surtel. « On commence d’ailleurs à ressortir les collants, les polaires, les bonnets et on s’apprête progressivement à mettre plusieurs couches plus épaisses, plus étanches. Cette nuit, j’ai remis les bottes, et je ne suis plus le seul. À l’intérieur du bateau, l’humidité est déjà de retour. On commence à avoir de la condensation au niveau du puits de dérive. Ça y est, c’est parti ! »