ICEBERGS DROIT DEVANT !

Après une nuit dantesque, IDEC SPORT file toujours à plus de 30 nœuds vers le nord. Or, un groupe d’icebergs sera probablement à vue cet après midi, vers 16h ! Vitesse et prudence à la fois sont de mise pour les hommes de Joyon. Fast but not furious…

« Joyeux Noël à tout le monde, et à tous les gens qui nous suivent ! » La voix enjouée du Catalan Alex Pella fait plaisir à entendre en ce jour de Noël. Alors qu’IDEC SPORT retrouve les Quarantièmes Rugissants à haute vitesse – toujours plus de 30 nœuds – Alex signale avec bonheur : « on a du vent soutenu depuis deux jours et on avance bien, à 30, parfois 32 nœuds. La mer s’est rangée un peu. Hier et cette nuit nous avions une grosse mer de côté qui nous empêchait d’aller vite mais depuis ça glisse très bien, sous un grand soleil, c’est parfait ».

DSC_9560Mer brutale la nuit dernière
L’Atlantique Sud ignore la trêve des confiseurs. Cette nuit, l’océan a même été brutal avec les hommes d’IDEC SPORT. Francis Joyon : « toute la nuit a été sauvage. D’autant qu’on a une manœuvre compliquée maintenant pour le J1, il faut qu’il y ait quelqu’un à l’étrave pour guider les cordages qui roulent cette voile d’avant. Le bateau descend dans les vagues, plante sauvagement et on voit Alex – attaché bien sûr – recouvert par des paquets de mer dans la nuit. Ce n’est guère satisfaisant mais on n’a pas le choix. Pour cette manœuvre, je prends la barre et je surveille Alex… » Ces marins-là n’ont pas froid aux yeux. Ils s’adaptent et foncent toujours. Même quand les conditions sont dantesques et que le bateau « fait le fou » dans les énormes vagues, comme dit Joyon. Voilà pourquoi « on n’a pas fait de réveillon hier soir. Le bateau était secoué comme un panier à salade dans tous les sens, il y avait une mer très, très forte. Une mer de travers qui venait percuter le bateau, c’était assez brutal. Mais on était tous de tout cœur avec nos familles, en les imaginant faire ce réveillon. Ce midi, Bernard a prévu un plat commun un peu spécial.»

Icebergs en vue vers 16h ?
Et pour vous remettre de ces émotions, vous reprendrez bien un peu de glace à Noël ? Les hommes d’IDEC SPORT eux, vont y avoir droit. De belles glaces immaculées, aussi magnifiques que dangereuses… Francis Joyon : « Il y a un groupe de quatre icebergs signalés droit devant sur notre route. Nous y serons dans 3 ou 4 heures (vers 16h heure française), on devrait passer à côté d’eux. L’idée est de les voir à distance, légèrement à leur vent, peut-être de les admirer mais en restant évidemment à distance prudente car des blocs de glace peuvent flotter autour d’eux. » Encore un moment de légende à prévoir dans ce Trophée Jules Verne pour les six marins d’IDEC SPORT…
L’équation météo, elle, est incertaine. « On espère éviter une partie des zones de calme engendrés par l’anticyclone qui nous sépare de l’équateur. Ce n’est pas simple. Maintenant nous sommes sur la route directe, mais deux ralentissements successifs nous menacent d’ici deux jours. Ceci dit, cela peut aussi bien se passer. On est un peu dans l’inconnu encore de ce point de vue ».
Croisons les doigts donc et jetons un œil aux chiffres : IDEC SPORT affiche à nouveau de très hautes moyennes : autour de 680 milles parcourus par jour. Certes, le retard sur le chrono à battre ne peut guère être réduit aujourd’hui car Banque Populaire V avait également réalisé une excellente journée. Mais ce ne sera pas le cas demain par exemple, puisque dans son 35e jour de mer l’équipage de Loïck Peyron n’avait couvert « que » 380 milles. Autrement dit un nouveau match nul n’est pas à exclure avant l’équateur. Décidément, ce Trophée Jules Verne est passionnant.