EN ROUTE POUR UN ATLANTIQUE EXPRESS

A quatre jours et quelques heures de l’échéance du record du Trophée Jules Verne, et avec 3 000 milles encore à parcourir en Atlantique Nord, les chances de Francis Joyon, Clément Surtel, Gwénolé Gahinet, Alex Pella, Bernard Stamm et Boris Herrmann d’arriver avant la « deadline » de mercredi prochain 6 janvier, 16 heures 44 et 15 secondes semblent bien minimes. Les hommes d’IDEC SPORT, encalminés trois jours durant auFirst aerial images of IDEC SPORT maxi trimaran, skipper Francis Joyon and his crew, training off Belle-Ile, Brittany, on october 19, 2015 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC large du sud brésilien ont intégré et accepté ce constat. Ils n’en nourrissent nul regret. Bien au contraire. L’envie de rallier Ouessant le plus vite possible les habite à chaque instant passé sur le pont aux réglages, à la barre ou dans l’examen des choix de route. Plusieurs aiguillons les titillent même en permanence, à commencer par l’envie de battre le temps référence entre Equateur et Ouessant, en 6 jours, 10 heures et 44 minutes détenu par ce même bateau sous le nom de Goupama 3 et cette nouvelle course contre la montre excite terriblement l’équipage du grand trimaran rouge. Autre aiguillon, et non des moindres pour des hommes nourrit au sein de la culture régatière, le maxi trimaran Spindrift 2 qui cavale quelques 550 miles dans leur nord ouest, mais en réalité à environ 350 milles en distance au but. Autant d’éléments qui rendent cette dernière semaine du Trophée Jules Verne particulièrement palpitante.

 

Contournement de l’anticyclone
IDEC SPORT a enclenché tôt cFirst aerial images of IDEC SPORT maxi trimaran, skipper Francis Joyon and his crew, training off Belle-Ile, Brittany, on october 19, 2015 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDECe matin la surmultipliée, en entrant de franche manière dans un alizé de nord-est tonique, sur une mer à la houle un moment contraire, et qui chahute sévèrement hommes et matériels. « Avec le vent de travers, et la houle de face, la vie à bord est redevenue très sportive » témoigne Francis Joyon. « Il faut s’accrocher pour évoluer sur le pont et à l’intérieur. Mais les températures sont agréables, et le bateau va vite. » La garde robe des voiles d’avant, avec la fraîcheur du vent, a été passée en revue, du grand gennaker au J 2, voile de brise hybride pouvant être utilisée au portant comme au bon plein. « On était ce matin un peu surtoilé » poursuit Francis, révélant ainsi l’état d’esprit conquérant qui habite les hommes d’IDEC SPORT. « Les conditions en Atlantique Nord sont propices à aller vite, avec cet alizé qui doit nous mener en deux jours dans l’ouest des hautes pressions qui barrent l’Atlantique à hauteur des Canaries. Nous devrions alors rencontrer de conditions de portant assez faibles mais suffisantes pour nous permettre de toucher les dépressions venues de l’ouest. L’arrivée sur la pointe de Bretagne s’annonce tonique. »

Chasser le naturel…
IDEC SPORT se verrait bien signer un chrono référence sur ce dernier tronçon d’Atlantique Nord, améliorer le record du bateau établi par Franck Cammas sous l’appellation Groupama 3, et pourquoi pas, titiller Spindrift 2, le maxi trimaran tenant du titre sous le nom de Banque Populaire V, et qui, consciemment ou non, leur a servi d’aiguillon depuis ce départ quasiment simultané du 22 novembre dernier. « En tant que Figariste, qui n’a jamais disputé de record, la présence de Spindrift 2 a enlevé tout ce que cette tentative avait de virtuel » raconte Gwénolé Gahinet. « Dès qu’il y a un adversaire sur l’eau, on a qu’une envie, terminer devant… »